Interview : la highlineuse Mimi Guesdon

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C’est au Festival d’Aventure et de Découverte de Val d’Isère que j’ai eu l’occasion de rencontrer Mimi Guesdon. Elle marchait tranquillement au dessus du front de neige, sur une highline tendue entre deux immeubles.

Habituée à des distances de plus de 100m, elle semblait tout à son aise malgré le vent glacial de cette fin avril.

Avec ses potes du collectif Sangle Dessus Dessous, Mimi Guesdon est venue présenter à Val d’Isère leur film « Bartas » retraçant un trip highline à l’île de la Réunion.

Mimi (qui est aussi infirmière quand elle ne marche pas dans le vide) détient le record de France et d’Europe de highline avec 170 m de long (le record du monde est à 220m).

J’ai discuté avec elle de sa passion pour la highline, de ses peurs, et de ses voyages…

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Salut Mimi, comment as tu commencé la slackline puis la highline ?

Un peu comme ça, avec des copains. Au début, tu tombes sans cesse, donc tu as envie de réessayer, tu te prends au jeu. Petit à petit, j’ai progressé, et au bout d’un an, j’ai eu envie de passer à l’échelon supérieur, la highline. En m’installant à Marseille, j’ai rencontré tous les gars qui pratiquaient là bas via l’assoc’ Sangle Dessus Dessous, et maintenant on a des projets communs.

La highline, c’est à la fois très individuel, puisqu’au milieu de la ligne, tu es seule, et à la fois très collectif, puisque tu as besoin d’être plusieurs pour installer la sangle.

On s’encourage, on se soutient, cela crée une belle émulation, et on partage des moments incroyables, dans des coins magnifiques.

En voir plus : le film complet BARTAS sur Vimeo On Demand (4€)

Raconte nous ce périple à l’île de la Réunion ?

Initialement, nous voulions poser une highline dans le cratère du volcan, mais nous n’avons pas eu les autorisations. Nous avons donc dû chercher d’autres spots, ce qui fait partie intégrante de la highline : observer sans cesse, repérer ici et là.

la réunion highline

Quentin, le réalisateur de Bartas, a grandi à l’île de la Réunion, et il se rappelait du Cassé de la Rivière de l’Est, un à-pic qu’il avait atteint lors d’une rando. Nous avons découvert un endroit parfait pour la highline, dans un panorama somptueux. L’installation a été un peu compliquée avec la végétation dense, puis les éboulis fréquents. 

Il faut avoir confiance dans les ancrages, dans ces cas là !

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Oui, quand on marche sur la ligne il faut faire abstraction de ça, sinon on ne peut rien faire ! On teste la roche avec le marteau, pour voir si elle est friable ou non, on peut aussi multiplier les points d’ancrage pour avoir moins de pression exercée sur chacun d’entre eux… Il faut aussi avoir confiance en les copains qui montent l’installation, car il faut que ce soit vraiment bien fait.

As tu des appréhensions, par rapport au vide, à la chute ?

Non, pas vraiment. Quand je tombe, c’est davantage parce que je me mets la pression, que je me déconcentre ou que je veux aller trop vite.

Je dois avoir la peur de la réussite ou de l’échec, je ne sais pas, mais quand je sens que ça peut passer, que je peux battre mon record personnel, je tombe juste avant la fin.

En highline, le mental est extrêmement important. Je crois vraiment que je dois travailler ce point pour réussir à m’aligner sur de plus longues distances en sachant gérer la pression du résultat.

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(c) Williclimb

Le record masculin est d’1 km, le record féminin de 250 m… Contrairement à d’autres sports, la force physique ne rentre pas en jeu, alors qu’est ce qui explique cette différence selon toi ?

Honnêtement, je ne sais pas. Sans doute y a t’il moins de filles qui pratiquent, donc moins d’émulation. Chez les garçons, il y a eu une période où la course aux records était folle, c’était l’escalade. Nathan a un peu mis un frein à ça en faisant le kilomètre. Chez les filles, je ne sais pas, peut être toujours cette histoire de mental… Mais cela va évoluer !

Tu es une des seules highlineuses françaises, pourquoi n’y a t’il pas plus de filles qui pratiquent ?

La slack, au début ça fait mal ! Surtout quand tu es près du sol, les chutes sont brutales. Même en highline, on se fait beaucoup d’hématomes, de brûlures sur la sangle. Au début, mes tibias étaient tous bleus. Alors sans doute que ça rebute pas mal de filles !

Il faut aussi avoir un cercle de potes qui pratiquent, car tu ne vas pas poser une ligne toute seule, il faut être un groupe ! Peut être que certaines ne passent pas le cap de la highline faute de rencontrer les bonnes personnes. 

J’étais un peu seule jusqu’à présent, mais depuis un an, de plus en plus de filles s’y sont mises et une autre française me challenge de plus en plus. C’est cool de voir d’autres filles pratiquer, et puis cela crée une émulation, ça met un peu de piment.

Oman

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PHOTO CI DESSUS & PHOTO DE TITRE : (c) Andy Parant pour le Festival Aventure & Découverte de Val d’Isère

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