[SNOW] Interview : Kimmy Fasani

Kimmy Fasani a fait sensation avec sa part dans TB20 de Standard. Elle est la seule fille à bénéficier d’une part complète dans ce movie, et tout le monde s’accorde à dire qu’elle n’a pas démérité. Car Kimmy Fasani, première fille à passer un double backflip, n’a pas froid aux yeux. C’est une fille déterminée, motivée, humble, douce et fun. Pour en savoir plus, voici une interview spéciale, suivie de sa part remixée.

Salut Kimmy, quelques mots sur toi pour commencer…

Eh bien je m’appelle Kimmy Fasani, j’habite à Mammoth Lakes en Californie. Le snowboard est pour moi une véritable passion et j’adore la vie que je mène grâce à ça ! J’ai commencé à rider quand j’avais 7 ans, avant de faire mes premières compétitions vers 15 ans. Depuis, je voyage autour du monde pour rider et je trouve ça génial. 

Comment abordes tu la vie et le snowboard en général ?
Je suis quelqu’un de très positif. Je pense que c’est important d’avoir toujours une approche optimiste, sans se laisser envahir par la peur, le doute. Je pense que cette façon de voir la vie m’aide beaucoup dans le snowboard car ainsi, je me concentre sur ce qui me fait plaisir, sans penser aux dangers éventuels ou à tout ce qui pourrait se passer si ça tournait mal. Avec l’expérience, j’arrive également à analyser mes sentiments et donc à reconnaître l’appréhension qui pousse à se dépasser, de la véritable peur qui paralyse. J’écoute mon intuition et prend mes décisions en fonction. J’essaie aussi de toujours respecter mes envies, mes goûts. De faire en premier lieu ce que je considère important et bon pour moi. 

Tu as filmé tout l’hiver pour Standard. Que ressort il pour toi de cette expérience ?
Filmer avec un crew de mecs demande beaucoup d’énergie, de travail acharné et de patience. Dès que les conditions étaient bonnes quelque part, on filait dans le backcountry pour enchaîner les shoots. Quand on filme, on passe son temps à guetter la météo, la neige, et quand c’est le moment, il faut que tout le monde soit prêt pour donner le maximum : riders, photographes, caméramens…Chaque jour, le but est d’avoir au moins un bon tricks pour sa vidéo part. Parfois, tu en rentre 5 parfaits en boîte, d’autres jours, tu rentres bredouille. Et puis, quand on filme, il y a une vraie émulation, on se pousse les uns les autres et de ceci dépend le niveau de créativité et d’engagement du crew tout entier. L’ambiance entre nous est donc très importante.

Où es tu allée rider l’hiver dernier ?
J’étais basée à Whister en Colombie Britannique pendant un mois et demi. Nous avons passé de très bons moments et c’était génial de rider en backcountry avec les autres riders du team DC comme Devun Walsh ou Ikka Backström. Les avoir comme mentors m’a fait tellement progresser !

Quelle a été ta réaction quand tu as découvert ta part en entier dans TB20 pour la première fois ?

J’étais très contente et très fière ! Etre l’une des seules filles à filmer avec eux est très spécial et très gratifiant. J’espère que je pourrais continuer à filmer avec Standard dans les années à venir. 

Et qu’as tu pensé des parts des garçons dans TB 20 ?

J’ai trouvé que tous avaient beaucoup de talent et réalisaient des choses énormes. Lonnie Kauk, Halldor Helgasons et Mathieu Crépel ont vraiment des parts très solides ! J’adore regarder les images des gars car ils poussent le sport chaque fois un peu plus. 

Il y a pas mal de productions 100 % filles désormais, comme Peep Show ou Lipstick Productions. Toi qui filme avec des garçons, que penses tu de ça ?
Je les soutient à 100% ! J’ai beaucoup filmé avec Leanne Pelosi cette année, et je pense que les filles entre elles se poussent mutuellement à sortir de leur zone de confort, et c’est exactement ce dont notre sport a besoin. Mais il faut aussi rider avec des garçons pour l’expérience qu’ils nous apportent, en backcountry notamment.

Le niveau des filles n’a jamais augmenté aussi vite, qu’en penses tu ?

Oui, et je pense que c’est dû au fait que plus il y a de filles qui repoussent leurs limites, plus les autres comprennent qu’elles en sont capables elles aussi, pourvu qu’elles aient confiance en elles. Mais avant cela, il fallait établir une base : je veux dire qu’il y a quelques années, les filles travaillaient à faire un certain nombre de tricks basiques. Maintenant que cette base a été établie, les jeunes générations peuvent aller plus loin et donc commencer à repousser les limites !

Quelles sont les riders(euses) qui t’impressionnent le plus et dont tu t’inspires ?

Je crois que chaque fille de la scène snowboard m’impressionne, du moment qu’elle se donne à fond dans ce qu’elle entreprend et aime ce qu’elle fait. Mais d’une manière générale, les filles qui ont joué un rôle vraiment important pour moi sont Shannon Dunn, Tara Dakides et Janna Meyen Weatherby. Ces filles nous ont ouvert les portes et nous ont pavé le chemin pour nous permettre de vivre pleinement notre passion. Quelques gars m’inspirent aussi beaucoup comme Devun Walsh et Travis Rice. Ils sont supers forts et très humbles. J’aime leur approche du snowboard. 

Tu as posé un double backflip, le premier de l’histoire chez les filles… Raconte nous !

Cela faisait près d’un an que j’avais ce tricks sur ma liste « A faire! » . J’attendais simplement la bonne occasion de le poser. Et ce jour là, nous étions dans le Colorado en backcountry avec toutes les autres filles, dont Cheryl Maas, les conditions de neige et le kickers étaient parfaits : c’était le moment où jamais. Ensuite, je l’ai reposé à nouveau au printemps, mais en park cette fois. Ce tricks n’est pas très dur techniquement, mais il est difficile mentalement, car il demande beaucoup d’engagement et comporte des risques.

Quels sont tes plans pour l’hiver à venir ?
Je veux filmer le plus possible en backcountry. J’aimerais repousser encore mes limites et ainsi inspirer les autres filles à dépasser leurs peurs.  

Images : DC

Pour en savoir plus :
http://kimmyfasani.com/
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