[VTT] Interview d’Emmeline Ragot & Coupe du Monde DH de Val d’Isère !

L’avant dernière étape de la Coupe du Monde de DH a eu lieu ce week end à Val d’Isère, sur une piste courte mais exigeante, où la moindre erreur se paie très cher.

Beaucoup de jeunes françaises avaient pu bénéficier de wild cards, citons par exemple Chloé Gallean, qui s’est faite remarquer grâce à un pilotage prometteur. Junior elle aussi, la jeune rideuse britannique (mais qui habite en France) Thanée Seagrave a également fait forte impression avec de la puissance et de la fluidité. Elle est d’ailleurs en tête du classement World Cup Juniors. 

En Elite, les toutes meilleures mondiales étaient bien sûr présentes, comme Rachel Atherton, Tracey Hannah, Manon Carpenter, Floriane Pugin, Myriam Nicole, ou encore Emmeline Ragot, Championne du Monde en titre, et Sabrina Jonnier, qui disputait la dernière coupe du monde de sa remarquable carrière.

Les premiers jours de course ont été marqués par le gros crash de Tracey Hannah, qui s’est fracturé le fémur et la clavicule. On en profite pour lui souhaiter bon rétablissement, dans ces moments pas faciles…  Get well soon Tracey !

Les filles ont donc eu quelques jours pour essayer d’apprivoiser cette piste, certes courtes, mais piégeuse, fuyante et technique. Val d’Isère est aussi l’une des étapes les plus hautes en altitude de la Coupe du monde, ce qui a demandé un petit temps d’adaptation à certaines filles. Dimanche, pour la finale, le temps était radieux. De quoi proposer une belle course, avec un suspense grandissant qui a vu les françaises se succéder sur le hot seat. Myriam Nicole, Floriane Pugin et enfin Emmeline Ragot s’y sont relayées, avant que Rachel Atherton, dernière à partir, vienne reprendre sa domination. Rachel passe en tête le premier intermédiaire, puis le second, terminant à l’arrivée avec presque 1.49 seconde d’avance sur Emmeline Ragot. Rapide, engagée, précise. Rachel remporte donc la course devant Emmeline Ragot et Floriane Pugin. Myriam Nicole est 4ème, Manon Carpenter 5ème. Voir tous les résultats ICI.

Nous avons profité de cette Coupe du Monde pour discuter un peu avec Emmeline Ragot. Elle nous en dit davantage sur sa course, sur elle et sur le bike en général…

Salut Emmeline, alors dis nous qu’as tu pensé de cette nouvelle piste de Coupe du Monde ?
C’était chouette de pouvoir rouler sur cette piste qui a accueilli de grandes compétitions de ski alpin, les Jeux Olympiques, les Championnats du Monde. Ca fait plaisir de rouler dessus ! Mais par contre, elle est beaucoup plus courte que toutes les autres pistes du circuit, donc on a pas le droit à l’erreur, tout se ressent directement dans les résultats. C’est assez spécial pour ça. C’est une piste technique, avec beaucoup de cailloux et des pièges un peu partout…

Le crash de Tracey Hannah a jeté un froid à l’entraînement, est il difficile de repartir après ça ?
Oui, on relativise d’un coup pas mal de choses, en ce disant que ça pourrait être nous. Ca met aussi pas mal de pression, on sait où elle est tombée, donc on se dit qu’il faut faire attention à chaque fois qu’on y passe. On a pas envie de se blesser, mais il faut savoir aussi oublier ça le temps de la course pour rouler à son maximum.

Tu as réalisé une belle saison, et tu pointes à la 2ème place du classement mondial UCI, comment as tu vécu cette avant dernière course ?
Le but est de ne pas perdre de points, pour rester dans la course jusqu’au bout. Là je suis juste derrière, donc ça va ! Et puis il reste encore une course en Norvège, donc tout peut encore se jouer au dernier moment.

Quels sont tes projets d’ici là, puisque ce n’est qu’en septembre ?
Je pars cette semaine pour l’IXS European Downhill Cup de Pila avec le team, avant de partir à Whistler pour les Crankworx ! Le but avec ces courses est aussi de m’entraîner avant les Championnats du Monde, qui auront lieu le dernier week end d’août à Leogang. Car bien sûr, l’objectif est de conserver mon maillot arc en ciel…Là bas, ça sera soit la première place, soit la dernière, il faudra tout envoyer, tout tenter, car la seconde ou la 3ème place ne m’intéressent pas. Et ensuite, on partira en septembre sur la dernière coupe du monde.

Justement, pour toi, rouler avec le maillot arc en ciel, c’est juste du bonus ou un peu de pression ?
Non, c’est juste du plaisir ! Personnellement, ça ne me met pas la pression, car c’est quelque chose qu’on a acquis et personne ne peut nous l’enlever. C’est aussi un beau signe de reconnaissance, car les gens nous regardent d’un oeil un peu différent…

Quels sont tes projets pour l’année prochaine ?
Je vais essayer de partir en Nouvelle Zélande pour m’entraîner cet hiver. Je n’ai pas pu le faire l’année dernière car je suis à l’école de kiné, et c’est donc un peu compliqué de tout mener de front, d’autant que l’école est en Charentes, où il n’y a pas vraiment le terrain adapté pour rouler en descente ! Mais cette année, je devrais avoir un peu plus de temps, donc je vais pouvoir m’entraîner. Cela fait quand même la différence, car pour la première coupe du monde, j’avais repris le vélo seulement une semaine avant ! Alors que de filles comme Rachel Atherton font ça professionnellement, tout l’année…

Quelle est l’ambiance entre toutes les filles ?
Ca va, on s’entend bien, on ne se met pas trop de bâtons dans les roues…Il y a pas mal de nouvelles filles qui arrivent, des jeunes françaises, je trouve ça bien, j’espère qu’elles vont continuer sur cette voie là !

(c) PHOTO DU PODIUM ANDY PARANT
Autres photos GT ou Mondraker selon mentions

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