[AIR] 1 rideuse, 1 été : l’interview parapente de Marion Gouwy

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Voici la dernière interview de notre série « 1 rideuse, 1 été ».

Le concept ? Une snowboardeuse nous présente le sport qu’elle pratique de façon assez intensive durant l’été.

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200544_1888657733531_2327300_nAprès Marion Haerty & le wake, Sabrina Kusar & le Yoga, Margot Rozies et le surf, voici Marion Gouwy et le parapenteOriginaire des Pyrénées, Marion, qui a accumulé les blessures ces dernières saisons (on lui souhaite un bon rétablissement pour son genou, d’ailleurs), est une rideuse polyvalente, talentueuse et toujours motivée. Elle passe beaucoup de temps, durant l’été, à voler en parapente, c’est donc avec plaisir qu’elle vous fait découvrir sa 2ème passion !

Quand et comment t’es tu mise au parapente ?

A l’automne 2010, j’ai réalisé un rêve j’avais depuis le collège : voler seule en parapente. C’était dans les Pyrénées sur le site de Val Louron, et la journée était encadrée bénévolement par le club des Ailes du Mourtis.

Qu’est-ce qu’il te plaît le plus en parapente ?

Cela me procure une grande sensation de liberté. Ce sport est magique : s’envoler et rester en l’air pendant quelques heures grâce à un bout de tissu qui rentre dans un sac à dos, c’est comme avoir un super pouvoir !

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Quels sont tes spots favoris ?

Mon spot favori est celui qui est en face de chez moi dans les Pyrénées : le site d’Oô. Ce site permet aux pilotes de petit niveau comme moi, de rester longtemps en l’air sans prendre trop de risques. En plus quand c’est possible, j’atterris dans mon jardin !

La sécurité est primordiale en parapente, quelles en sont les bases ?

Voler n’est pas dans notre nature. Le ciel n’est pas notre milieu d’origine. Avant tout, il est très important de comprendre l’outil qui nous permet de voler : la voile est fragile ; dans les turbulences elle peut se plier. Et pour éviter ou anticiper le vol dans les turbulences, il faut avoir des connaissances aérologiques.

La sécurité en parapente passe par la combinaison d’un bon pilotage et de bonnes connaissances aérologiques. J’ajouterais qu’il faut rester raisonnable et craintif du ciel. Un peu comme le freeride en montagne.

Quels conseils donnerais-tu à une fille qui voudrait commencer ?

Beaucoup d’écoles proposent des stages d’initiation. En montagne ou en bord de mer (dune du Pyla), les élèves font leurs premiers vols en seulement 3 jours parfois. C’est très rapide car les bases de pilotage du parapente sont assez simples. Etre encadré par des professionnels est très important. Pour optimiser ce premier stage, je vous conseillerais de faire des gonflages et de vous amuser avec la voile avant que le stage ne commence. Je vous conseillerai aussi de prévoir une période « après stage » de quelques semaines, pour faire plein de vols en air calme. Cumuler l’expérience, c’est assurer sa sécurité.

Ce stage vous permettra de savoir si vous aimez voler. Si c’est le cas, sachez que l’activité vous prendra beaucoup de temps dans les années qui suivront ! Votre calendrier en sera changé et vous vivrez en fonction de la météo.

P1120287 - copieDécris nous comment se déroule une session parapente :

Cela commence 2 jours avant de voler : il faut s’informer de l’aérologie actuelle et de ses possibles évolutions dans les jours prochains. Comprendre dans quel cycle le ciel se situe.

Le jour du vol, si vous l’avez bien choisi, est un jour où vous comprenez tous les indices aérologiques qui s’offrent à vous : On observe les manches à air du décollage et de l’atterrissage, les feuilles qui bougent dans les arbres, les nuages, l’air sur les joues, les autres voiles dans le ciel, les vautours…

Une fois les indices analysés, on prend la décision de voler : On prépare la voile et la sélette, on la gonfle , et on s’envole. En l’air, on découvre d’autres indices qui nous permettent de faire le choix de voler longtemps ou d’atterrir. Durant le vol, j’aime observer les sommets et les villages et j’apprécie le silence et la solitude. L’excitation monte quand je croise un thermique et que je remonte tranquillement : quelques minutes de gagnées pour voler un peu plus !

L’atterrissage commence au moins 100m au dessus du terrain. Je m’amuse à être précise pour atterrir à côté des copains et partager de suite mes émotions avec eux.

marion Quels vols / spots te feraient rêver ?

J’aime beaucoup les « vols montagne ». Cela consiste à faire une randonnée durant une belle matinée et à décoller une fois arrivés au sommet pour profiter d’un vol sauvage en air calme. Le plus beau vol montagne que j’ai fait était depuis un sommet à 2800m dans les Pyrénées. Je rêverais de décoller depuis les sommets comme le Pic du Midi ou le Mont Blanc.

Avec qui voles-tu en général ?

Les pilotes vont et viennent à cause d’accidents, de petites ou grosses frayeurs. J’aime voler avec les biplaceurs et les instructeurs qui ont de l’expérience. Ils sont une source d’informations précieuse et ils gardent en tête qu’ils ne savent pas tout du ciel.

Qu’est-ce-que cela t’apporte pour le snowboard ?

Techniquement, cela ne m’apporte rien. Mais psychologiquement le parapente m’aide beaucoup. J’apprends la gestion du stress et je m’exerce à l’auto-analyse. Cela est très utile pour les compétitions de snowboard et pour gérer ma progression tout au long de l’hiver.

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