[CITY] Interview : Fafi, du graff à la bande dessinée…

Si vous ne connaissez pas FAFI, l’artiste toulousaine, reine du graff depuis les années 90, vous connaissez au moins les Fafinettes, petites poupées colorées et délurées… Interview avec une graffeuse qui a investi tous les supports, des toiles aux fringues, du maquillage aux images d’animation vidéo !

 

Fafi a commencé à graffer les murs toulousains au début des années 1990. C’est son moyen d’expression à elle, sa façon de mettre en image sa féminité. C’est ainsi que ses «Fafinettes» petites poupées sexy et fantaisies, ont vu le jour. Mais Toulouse devint vite trop petit pour Fafi, qui aime voir du pays et sèmer ses Fafinettes sur les murs d’autres villes françaises, puis aux quatres coins du monde, de Hong Kong à New York. Ses dessins font craquer les filles, les garçons et aussi …. les marques. Coca, Sony, MAC Cosmetics, ou encore Adidas lui offrent des collaborations. Entre deux, Fafi peint des tableaux, crée sans cesse des personnages, réalise des images d’animation pour des clips musicaux, expose, planche sur sa BD à venir… Hyperactive, vous dites ? C’est complètement ça… 

 

Fred, de la salle d’expo Providence, à Guéthary (64), qui accueille la dernière expo de Fafi depuis le 20 août, a quand même réussi à l’attraper deux minutes pour lui poser nos questions. Rassurez vous, elle n’a pas lâché son pinceau pour autant. Non, elle a continué à dessiner tout au long de l’interview, et le résultat en live est bluffant. Comme quoi, les filles savent vraiment faire deux choses à la fois…

 

Comment t’es venue l’idée des Fafinettes, et qu’est ce qui t’inspire désormais pour les faire évoluer ?

“En fait, c’est assez simple, les Fafinettes suivent ma vie, elles sont mon moyen d’expression. Au départ, elles étaient très sexys et provocantes, c’était l’époque où je grandissais, où je testais ce qui plaisait aux garçons. C’était d’ailleurs un peu maladroit, en y repensant. D’ailleurs, j’avais été pas mal critiquée par les féministes à l’époque, et elles avaient bien raison! Puis, je suis devenue maman, et les Fafinettes ont évolué, les thématiques ont changé. Aujourd’hui, certaines Fafinettes sont même devenues inintéressantes pour moi, je cherche donc à inventer d’autres personnages.”

Après des collaborations de mode (Adidas, MAC), ton prochain gros projet est une bande dessinée, prévue pour 2012: “The Carmine Vault”. Qu’est ce que cela évoque ?

“Une vault, c’est une boîte à trésor où tu peux cacher des choses. Quant à Carmine, c’est un prénom de mafieux, un prénom rital! Les noms de mes personnages me viennent comme ça, je ne réfléchis pas vraiment au sens. Mais je n’en dis pas plus, ça sera à découvrir à l’automne 2012 !”

A l’origine graffeuse, tu es passée des murs au papier, à la réalisation textile puis à l’image d’animation vidéo, comment gères tu ces changements de support ?

“Je fais toujours en fonction de ce qui m’intéresse. En ce moment, c’est la musique, la réalisation de clips. Dernièrement, j’ai réalisé un clip pour Carte Blanche ainsi que celui de Melle Yulia qui sortira bientôt. C’est toujours le même principe, je met en image les filles comme je les vois, hyper fortes, combattantes… Simplement, au lieu de l’exprimer en un seul dessin, je les mets en mouvement. J’ai aussi créé des vêtements avec Andrea Crews pour le clip de Melle Yulia, toujours dans le même but: faire passer un message aux filles. J’ai envie d’être «inspirante». J’étais hyper déprimée quand j’étais ado et les trucs de femmes fortes m’inspiraient, me donnaient envie de faire des choses un peu à part.”

Il paraît que plein de filles complètement fan se déguisent en Fafinettes… C’est vrai ?

“Oui, et ce n’est pas toujours de très bon goût, d’ailleurs ! Ca peut être un peu maladroit mais ça fait toujours plaisir. Je me suis rendue compte que mes Fafinettes transposées dans le réel, ça ne marchait pas toujours ! Il y a une fois où ça a été super bien reproduit, à l’occasion d’une séance photo pour Vogue Japon : même positions, même vêtements, j’avais l’impression de voir un truc magique, suréaliste! Ils avaient vraiment capté l’esprit.”

Graffes-tu toujours sur les murs de la ville ?

“Très peu, peut être une fois par an et encore… Je suis vieille maintenant, je laisse ça à mon fils! Je l’ai fait partout pendant quinze ans et j’avais besoin de changer. Je n’aime pas être confortable, je pourrais continuer à graffer, faire des expos tout le temps et toujours les mêmes Fafinettes, mais j’aime être en danger.”

Pour en savoir plus
*Voir l’expo de FAFI à Providence Guéthary (64) jusqu’au 26 Août
*Le site web et le blog de FAFI :http://fafinetteone.tumblr.com
*Le facebook de FAFI : FafiArtiste-Paris
Merci à Fred Castagnac pour avoir réalisé cette interview…