En immersion avec Anne Debeaune, gardienne de refuge

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Passionnée de montagne, j’aime beaucoup échanger avec d’autres filles qui y vivent elles aussi au quotidien, qui en ont fait leur métier, quitte à faire des choix de vie à l’opposé de ce à quoi elles étaient destinées.

Cette fois ci, je vous emmène chez Anne Debeaune, pour découvrir son univers de gardienne de refuge.

Monitrice de ski et de VTT, Anne est une freerideuse de talent et une fille joyeuse qui fait résonner son rire dans la vallée de la Clarée. Hollandaise, née sur un bateau, elle n’était pas franchement destinée à vivre dans un refuge haut perché. Mais Anne a suivi son coeur et ses passions pour désormais vivre son rêve en famille.

Hiver comme été, vous la croiserez peut être au détour d’une rando : n’hésitez pas à vous arrêter boire le café aux Drayères.

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Tout d’abord, présente toi : où as tu grandi, comment es tu venue à la montagne, quel est ton parcours ?

J’ai grandi sur un bateau à voile dans un pays aussi plat qu’une crêpe : la Hollande ! Depuis toute petite, je suis fascinée par la montagne, et je n’aimais rien tant que passer du temps sur des falaises, des skis ou mon vtt. Après mes études de STAPS, je suis partie pour vivre en montagne à l’année. J’ai travaillé tout d’abord comme monitrice de ski et guide VTT en Autriche. Puis, je suis partie en France pour y passer mon diplôme de Moniteur de Ski à l’ENSA de Chamonix. C’est un parcours un peu décalé pour une jeune Hollandaise, mais bon, chacun son chemin !

Comment te décrirais-tu ?

Mon entourage me décrit comme une fille dynamique, qui aime mener des projets, toujours avec entrain, passionnée de nature et surtout de haute montagne. 
J’ai toujours su ce que je voulais faire avec ma vie, mais ca ne veut pas dire que les portes s’ouvrent facilement pour autant !

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Comment es tu devenue gardienne de refuge ?

Quand je suis arrivée en Oisans, j’ai rencontré mon grand amour, Boris, Guide de Haute Montagne. Après bientôt 9 ans de partage, notre passion pour le ski freeride et la rando nous ont orientés vers un projet commun. J’ai commencé par tenir une auberge de montagne dans le petit village mythique des Ecrins, la Bérarde. Cela m’a permit de gérer une structure de 67 lits en 1/2 pension, la cuisine, la gestion de l’équipe et des stocks, ainsi que la comptabilité. C’était une super préparation pour notre projet refuge. Désormais, nous sommes gardiens du refuge des Drayères.

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Où se situe ton refuge, quel est ton environnement quotidien ? 

Le refuge se situe dans la vallée de la Haute Clarée, dans le massif des Cerces, à 50km de Briancon, à 2180m d’altitude. Il est ouvert 3 mois pendant hiver et 4 mois l’été. En période hivernale, le refuge est enveloppé de son manteau neigeux jusqu’à fin avril. Il est accessible en ski de randonnée, la clientèle est donc plutôt sportive, nos ravitaillements sont réalisés soit par portage manuel (sac à dos) ou alors en moto neige quand les conditions sont bonnes. On peut dire que durant cette période nous sommes en autarcie ! Le refuge est chauffé au gaz, charbon et bois durant cette période, il est donc primordial de vérifier régulièrement le stock ! 

Mon rôle est aussi derrière les fourneaux : je prépare de bons petits plats maison et de saison !

 J’adore le salé, faire des gratins avec les produits du jardin et les cuisiner facon grand-mère tout en sortant du côté traditionnel. 
Mon plat favori, c’est le Bœuf bourguignon, pain d’épices et figues : j’aime surprendre les gens ! En été, tout se passe dehors, il y a une grande terrasse fleurie avec nos poules qui gambadent en liberté. La clientèle est différente, plus familiale.

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Qu’est ce que tu préfères dans ce métier ?

J’aime par dessus tout accueillir des gens dans ce lieu incroyable, partager et échanger avec eux, car ici, la porte est toujours grande ouverte. Proposer un accueil chaleureux, partager notre goût de la montagne avec les gens de passage sont à nos yeux des éléments incontournables.

J’aime vivre en montagne au quotidien, pouvoir m’échapper pour une rando, un peu de VTT…

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Que fais tu en période hivernale quand le refuge est fermé ?

Le refuge est fermé le mois de janvier, je skie et j’en profite pour visiter d’autres pays. J’aime beaucoup aussi rider des sites à proximité du refuge. Cet hiver, notre session dans le couloir de l’Aiguille Noire, non loin des Drayères, reste une des plus belles de la saison !

Vivre dans un refuge, isolé, toute l’année, est ce parfois difficile ? Qu’est ce qui te manque le plus ?

Ce qui me manque le plus, c’est les copains, qui sont eux sur un autre rythme de vie. A Amsterdam, il y a une institution, c’est prendre son vélo et aller boire un café en terrasse avec les copains !

PHOTOS : Tim Vanhoutteghem

Les filles, si vous aussi vous avez un parcours atypique, des choses à dire, un bel univers à nous faire découvrir, n’hésitez pas à me contacter !