Comment sortir de sa zone de confort et travailler son engagement ?

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Travailler son engagement, voilà bien un enjeu crucial dans notre progression, que ce soit en VTT, en ski, en snowboard, en escalade etc… Or, c’est loin d’être simple: cela requière souvent de se mettre un bon coup de pied au c*l.

Contrairement à ce que l’on pense, l’engagement nécessite du travail : ce n’est pas inné. J’ai interrogé un coach (Michael David, coach de la snowboardeuse Chloé Sillières) et un consultant en préparation mentale afin de connaître la méthode miracle pour repousser ses propres limites et engager … en sécurité.

Cet article a pour but de tordre le cou à la petite voix qui vous souffle «  et là, si tu tombes, il se passe quoi hein ? Au mieux tu te casses la jambe, au pire… Bon, en fait c’est pas grave si tu ne le fais pas. Tu le tenteras la prochaine fois, hein. » 

«J’ai appris que le courage n’est pas l’absence de peur, mais la capacité de la vaincre.»

Nelson Mandela

Premièrement, on déculpabilise. Avoir peur, c’est normal. Les chutes dans nos sports ont des conséquences souvent assez fâcheuses (des douleurs, des mois d’inactivité etc) et il va de soi que cela crée davantage d’appréhensions que le fait de taper dans une baballe au foot. 

Travailler son engagement au quotidien

La mauvaise nouvelle, c’est qu’on est pas tous(tes) égaux en terme d’engagement. Certains ont davantage développé cette aptitude au cours de leur vie, alors que d’autres ont davantage été éduqués dans la sécurité.

La bonne nouvelle, c’est que ça se travaille, et donc que rien est perdu !

Michael David, le coach de Chloé Sillières, m’expliquait récemment :

«  L’engagement se travaille au quotidien et se perd très vite s’il n’est pas entretenu. Je pousse chaque jour Chloé à sortir de sa zone de confort, à se mettre des petits challenges. Un exemple très simple : elle a le vertige. Nous passons pas mal de temps sur un mur d’escalade afin qu’elle se retrouve dans une situation qui la met mal à l’aise mais à laquelle elle doit faire face, en se concentrant sur ce qu’elle a à faire. Monter le pied droit là, la main gauche ici et avancer. Et donc oublier le stress du vide. » 

→ En travaillant l’engagement dans une discipline différente de son sport de prédilection, on tolère mieux les échecs éventuels : ils ne laissent pas d’empreinte négative. En revanche, on se familiarise tout aussi efficacement avec la manière de gérer ses appréhensions.

«  Sortir régulièrement de sa zone de confort permet à Chloé de prendre confiance en elle : elle sait qu’elle est capable d’aller au delà de ses appréhensions, même si cela lui demande un effort. Le but est de rendre cet engagement normal »  poursuit Mickaël.

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Michael David sait de quoi il parle (c) Jannovak Photography

 

Faire face à un challenge immédiat

Quand vous arrivez devant un obstacle quelconque, qui vous challenge un peu, pas de secret : il faut le démystifier et se concentrer sur ce que vous avez à faire.

En fait, il faut rationnaliser le truc à fond, car votre pire ennemi est… votre imagination galopante.

Florian Gobbo, consultant en préparation mentale nous explique : « On apporte toujours plus de crédit à ses croyances, c’est à dire à la représentation mentale d’une situation, qu’à la réalité et ce que l’on peut en faire. » 

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Voici un exemple concret : en VTT, un passage technique/ un saut vous paraît très compliqué à négocier et vous fait peur.

  • Vous vous arrêtez, vous allez voir à pied à quoi cela ressemble en vrai (et c’est souvent moins compliqué que dans votre imagination).

  • Vous repérez la meilleure ligne, et vous la mémorisez en y associant ce que vous avez à faire (mettre la roue ici, regarder loin, etc).

  • Quand vous remontez sur le vélo, soufflez et concentrez vous simplement sur le déroulé de ce que vous avez à faire en oubliant tout le reste

Florian Gobbo précise : « Et une fois qu’on est parti on se met dedans à 100%. Il faut s’habituer à n’avoir que deux options : s’impliquer à fond (et donc se donner les moyens de réussir en se concentrant sur l’objectif) ou renoncer (si vraiment vous ne le sentez pas). »

→ On ne fait pas les choses à moitié, c’est le meilleur moyen de tomber !

Savoir gérer l’échec 

Quand on est dans une démarche de progression, quand on essaie de se challenger, il est normal d’échouer, de tomber. Sinon, c’est la preuve que l’on reste dans sa zone de confort.

Il faut donc laisser chaque échec, chaque chute à sa place : on digère, on ne se formalise pas, la prochaine fois ça passera. Il faut juste identifier les raisons de l’échec pour en tirer une leçon, et toujours rationnaliser pour éviter à l’imagination de galoper et ainsi transformer le plus petit obstacle en passage insurmontable. 

→ Et surtout : on ne se compare pas avec les copines ! Les filles ont parfois tendance à se comparer entre elles et à se dévaloriser quand elles ont l’impression que les autres progressent plus vite qu’elles. On se concentre donc sur ses points forts, ses succès, ses propres objectifs, tout en utilisant l’émulation positive du groupe.

L’essentiel, c’est de repousser ses propres limites (quelque soit son niveau de départ). Si vous souhaitez simplement devenir la meilleure, vous vous trompez de débat.

Car en terme d’engagement, notre principal ennemi, c’est nous même !

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Avoir une vraie démarche de progression

Florian nous explique qu’en préparation mentale, on parle d’objectif SMART. Pour repousser ses limites sans se décourager ou se blesser, il suffit d’évoluer peu à peu en suivant cette méthode, objectif après objectif : 

Spécifique – On choisit un objectif bien précis (ex : sauter tel kicker, rider telle ligne)

Mesurable aisément – Il faut qu’il puisse être facilement mesurable afin de pouvoir le valider (ex : faire un certain chrono, et non simplement « rider plus vite » ce qui ne veut rien dire)

Ambitieux – Si l’objectif fixé est trop facile (qu’il ne nécessite pas ou peu d’effort) on n’en retirera aucune fierté ni confiance : on restera dans notre zone de confort.

Réaliste – En revanche, on ne se met pas la barre trop haute : si elle est trop dure à atteindre, cela risque d’être décourageant et inefficace. Il faut donc viser juste entre les deux : se challenger sans se mettre en sursis.

Temporel – Il faut que l’objectif ait une limite dans le temps (ex : je dois réussir ce tricks / ce chrono / ce passage avant le début du mois prochain). Mieux vaut faire plusieurs petits objectifs avec des échéances courtes (quelques semaines, un mois maxi) pour garder la motivation. 

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Pas à pas, on construit sa progression

Ne jamais oublier le plaisir

Si on a envie de se challenger, de repousser ses limites, c’est pour progresser dans une activité qui nous plaît : la dimension de plaisir est donc cruciale. Si on se fait peur et que l’on a plus la notion de plaisir, on finira par se dégoûter. Il faut donc avoir le petit frisson du challenge tout en continuant à s’amuser. D’où l’intérêt d’avancer par étapes, à son rythme. 

On doit repousser ses limites pour soi et non pour plaire à quelqu’un ou faire la maline sur Facebook : si on ne le fait pas pour de bonnes raisons, on risque seulement de se blesser ou de ne pas réussir.

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Soyez en accord avec vous même, apprenez à vous connaître et identifier vos émotions.

Au moment de vous élancer sur un obstacle qui vous challenge, il est crucial de savoir déterminer si vous avez une simple appréhension (vous devez vous mettre un petit coup de pied aux fesses, mais au fond vous sentez que vous avez les capacités de réussir) ou si vous avez un véritable feeling négatif (cette peur « fondée » qui devrait vous pousser à renoncer cette fois ci).

Tout ceci se travaille et s’acquière avec l’expérience, donc lâchez l’ordi et allez repousser vos limites sur le terrain ! 

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